Petits commerces : chronique d'une mort annoncée ?

C’est un fait, le commerce de détail, le commerce de proximité tel qu’on le connaissait au siècle passé, est probablement en voie d’extinction. Victime de l’évolution des modes de vie et de consommation, les modèles que seule la génération X peut regretter, ont vocation à disparaître. La faute à qui ? Sans doute la faute à personne. Deux solutions demeurent, soit regarder passer les trains en pestant, soit monter dedans à défaut de conduire la locomotive.

Avec le e-commerce et le m-commerce, de nouveaux besoins et comportements se sont développés. La vente en ligne, avec des livraisons en 24h et retour de colis gratuit (Amazon testant même en Inde de nouveaux modes de livraison avec des drones « Prime Air » en 30 minutes)  ou le déploiement des « drive » adoptés par la plupart des enseignes de la grande distribution, ont constitué la première étape d’un changement radical.

Carrefour lançait en octobre 2012 son premier magasin virtuel à Lyon. Machine de guerre redoutable, avec ses murs d’images, ce type de magasin-vitrine pourrait être installé partout, au plus près des fortes concentration de flux clients, comme par exemple les gares. Quelque soit son lieu d’habitation, le client pourrait donc retirer ses articles dans le drive le plus proche de chez lui, ou encore, dans des « centres à casiers » aux pieds de son immeuble.

Des centres à casiers, comme « Homepaq » en Espagne (de petits casiers de livraisons et de retours de colis de e-commerce, qui s’installent dans les parties communes d’immeubles d’habitation), ou InPost et NéoPost en France dans les centres commerciaux.

Cette révolution en marche des modes de consommation et de distribution devrait bouleverser la physionomie des centres-villes. Plus besoin de boutiques avec pignon sur rue, ou de grandes surfaces coûteuses dans telle ou telle rue à la mode. Les boutiques de demain seront réservées aux seules grandes marques, ou à de nouveaux commerces réduits à de simples « show-room » ou magasins virtuels.

S’inspirer de ces tendances fortes pourrait permettre de développer la production locale, dès lors qu’une dynamique s’installe. En effet, l’on peut imaginer que le petit producteur de légumes (exemple de « au bout du champ » ) ou le petit artisan puisse distribuer ses produits en proximité, par le biais de ces nouveaux casiers. Des casiers qui lui permettrait d’être distribué, sans pour autant subir les affres des négociations commerciales avec les acheteurs de la grande distribution.

Si cette évolution semble inexorable, il pourrait être pertinent d’accompagner le changement en y voyant toutes les opportunités possibles, plutôt que de vouloir s’y opposer.