Le festival de Cannes vers un retour aux sources ?

Autrefois festival prestigieux mais populaire, le festival de Cannes est devenu au fil des années un rendez-vous triplement élitiste.

Elitiste sur le plan financier au cours duquel se succèdent débauche de dépenses ostentatoires ou autres promotions pour objets luxueux inaccessibles. Elitiste sur le plan artistique, car les sélections sont très régulièrement éloignées des goûts du public pour préférer ceux d’une intelligentsia qui s’auto célèbre dans l’entre soi. Elitiste enfin, puisqu’au glamour des vrais Stars ou des rencontres fortuites avec tel ou tel acteur ou actrice dans les rues de Cannes, c’est un mur qui a pris place. Celui du bunker Cannois, qui protège jalousement les professionnels venus faire du business, laissant la vente de rêve aux nostalgiques des festivals passés.

Moment fort d’une région, celle-ci s’en trouve pour le moins éloignée pour ne pas dire exclue. Fini le glamour, fini le rêve. Place au mélange des clubs de VIP et des suceurs de glaces guettant la moindre petite star sur des écrans géants. Tenus précautionneusement à l’écart du tapis rouge, seul endroit où l’opium du peuple est distillé, la foule docilement béate se contente de ce que l’on veut bien lui jeter.

Alors que les dépenses publiques font l’objet de toutes les restrictions, c’est avec une décomplexion surprenante que Le président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, a appelé de ses vœux la construction d’un nouveau Palais des festivals à Cannes… Payé par qui ?

Aseptisé, élitiste, le festival de Cannes mériterait de retrouver sa magie d’antan, sa simplicité et son accessibilité. Pierre Lescure, son prochain Président réussira peut-être à rendre possible cette aspiration légitime à un retour aux sources.